Cuisinez aux huiles essentielles

Cantonnées hier encore à la pharmacie et aux cosmétiques, les huiles essentielles ont investi la cuisine. Aussi bonnes pour la santé que pour nos papilles, elles s’invitent dans tous les plats, des salades aux desserts, au gré de notre inspiration.

Variées, faciles à manier, bio, ludiques…, les qualités des huiles essentielles seraient presque aussi nombreuses que leur parfums. D’ailleurs, les utilisateurs vantent leurs mérites avec une conviction qui ne peut donner envie aux gourmands et aux curieux de tenter l’expérience.(…)
« Mais le dépaysement et l’exploration gustative ne sont pas les seuls atouts des huiles essentielles.
De vrais atouts santé « Leurs propriétés thérapeutiques s’expriment aussi bien dans les préparations alimentaires que sous forme de gélules ou de gouttes à déposer sur un support » (…) Ainsi, une vinaigrette à base d’huile essentielle de basilic a des propriétés digestives et stimulantes, de même qu’une crème brûlée à la lavande (vraie ou officinale) a un effet apaisant sur la tension nerveuse (…)
De savants dosages (…) Une goutte par portion, et parfois même par plat suffit. Autre règle d’or : toujours les ajouter à un support gras (huile, lait, jaune d’œuf, crème, yaourt) ou sucré (miel, sirop, sucre…), jamais directement dans de l’eau, le mélange ne prend pas. Sur leur site, le fabricant d’huiles essentielles Cuisine et Sens donnent quelques astuces pour réaliser des mélanges sans risques. Exemple : « Prélever la valeur d’une cuillerée à soupe de la préparation (sauce, crème, pâte…), verser un soupçon de l’huile essentielle choisie sur une pique en bois de type apéritif et remuer. Si le goût est jugée satisfaisant, on pourra alors en mettre une goutte dans le plat. » ( …)
Des odeurs revisitées L’huile essentielle remplace-t-elle le produit frais ? se demande le gourmand curieux. En fait, soit elle le complète en renforçant le goût (une goutte d’huile essentielle de citron essentielle de citron dans une tarte de citron frais), soit elle est l’arôme unique (madeleines à la bergamote) ou l’arôme complémentaire (du romarin dans une truffe au chocolat). Ces huiles ont l’avantage de ne pas transformer la consistance de l’aliment et de correspondre exactement au parfum qu’elles dégagent. Ce qui n’est pas forcement le cas des produit frais ou en poudre. Là ou le jus de citron peut donner une amertume ou transformer la consistance d’une pâte, l’essence de citron va uniquement donner du goût. Grâce à elles, c’est toute la palette des odeurs « vraies » que l’on revisite. (…)
Profondeur, intensité, émotion, esprit ludique : les passionnés évoquent une nouvelle approche sensorielle de la cuisine qui passe uniquement par l’odorat, sans convoquer la vue ni le toucher. Une spécificité pas anodine puisque c’est le seul de nos cinq sens à être directement relié à notre cerveau limbique, celui des émotions. Une huile à la rose peut évoquer la magie de l’Orient pour l’un ou une lotion démaquillante pour l’autre ! C’est pourquoi le choix des essences doit se faire d’avantage avec le cœur et l’imagination qu’avec la raison.